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Transition vers les biosimilaires

Les médicaments biosimilaires : une solution importante pour la pérennité des systèmes de santé et des soins aux patients

Au cours des cinquante dernières années, les médicaments biologiques ont révolutionné le traitement et la prévention de nombreuses maladies invalidantes et potentiellement mortelles, comme le diabète, l’arthrite, les maladies inflammatoires de l’intestin et les cancers.

Toutefois, les médicaments biologiques sont également dispendieux : le traitement d’un patient par un médicament biologique peut en effet coûter entre 10 000 $ et 25 000 $ par an, et même plus. Les régimes d’assurance médicaments publics et privés souhaitent étendre leur couverture afin d’y inclure de nouveaux médicaments plus novateurs pour les patients, mais ils doivent également en gérer les coûts, étant donné la croissance constante du nombre de patients traités par de tels médicaments biologiques.

Les médicaments biosimilaires représentent une solution importante pour assurer la pérennité des régimes d’assurance médicaments et faire en sorte que les patients aient accès aux traitements essentiels dont ils ont besoin pour les années à venir.

Heureusement, cette solution importante à ce défi de taille est désormais accessible au Canada. En effet, les brevets de nombreux médicaments biologiques ont expiré : les autres fabricants peuvent donc désormais produire ce que l’on appelle des médicaments biosimilaires. La commercialisation de 34 biosimilaires avait été autorisée par Santé Canada à la fin de 2020, et de nombreuses autres demandes d’homologation de nouveaux médicaments biosimilaires sont en cours d’examen.

En Europe, les médicaments biosimilaires font partie intégrante des soins prodigués aux patients depuis plus d’une décennie. Au Canada, l’utilisation de ces produits est en augmentation constante : plus de 606 000 ordonnances ont ainsi été exécutées avec des médicaments biosimilaires en 2020 d’après les données d’IQVIA. De plus, de nombreux médicaments biosimilaires sont utilisés dans le secteur hospitalier pour traiter les patients, notamment en oncologie, ce qui ne transparaît pas dans les données relatives aux ordonnances.

Le Canada à la traîne derrière les autres pays de l’OCDE en matière d’utilisation des médicaments biosimilaires

Selon un rapport de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) de 2020, les médicaments biosimilaires n’étaient utilisés que dans 22,9 % des cas lorsque disponibles, et leur adoption est plus lente au Canada que dans d’autres pays de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE). Le Conseil d’examen du prix des médicaments brevetés (CEPMB) estime que si le taux d’adoption des médicaments biosimilaires au Canada avait atteint le même niveau que le taux médian des pays de l’OCDE, aux prix en vigueur en 2018, le Canada aurait économisé entre 94 et 346 millions de dollars grâce à l’utilisation des médicaments biosimilaires. Un rapport de l’Ontario Drug Policy Research Network (ODPRN) a révélé que les régimes d’assurance médicaments provinciaux au Canada pourraient économiser jusqu’à 426 millions de dollars par an grâce à la transition des patients vers les biosimilaires de l’adalimumab, l’étanercept et l’infliximab.

La transition vers les médicaments biosimilaires est sécuritaire et efficace

Les patients atteints de maladies chroniques utilisent habituellement un médicament biologique pendant de nombreuses années. Ainsi, les médicaments biosimilaires peuvent seulement contribuer à la pérennisation des soins de santé si les patients actuellement traités par des médicaments biologiques font une transition vers les médicaments biosimilaires.

La fiche d’information de Santé Canada sur les biosimilaires confirme que les patients et les fournisseurs de soins de santé peuvent avoir confiance en l’efficacité et en l’innocuité des médicaments biosimilaires pour chacune des indications pour lesquelles ils sont autorisés, et on ne s’attend à aucune différence d’efficacité et d’innocuité à la suite d’un changement d’utilisation courante entre un médicament biosimilaire et son médicament biologique de référence pour une indication autorisée.

Les données obtenues en situation réelle confirment que les patients, les fournisseurs de soins de santé et les tiers payeurs peuvent avoir confiance dans la pratique bien établie de transition des patients d’un médicament biologique de référence à l’un de ses biosimilaires. Une étude évaluée par les pairs a déterminé que plus de 178 essais cliniques portant sur environ 21 000 patients ayant effectué un tel changement de traitement ont eu lieu dans le monde, confirmant que le passage d’un médicament biologique de référence à un médicament biosimilaire n’est associé à aucun problème majeur en matière d’efficacité, d’innocuité ou d’immunogénicité.

De telles politiques proactives de transition vers les médicaments biosimilaires sont déjà mises en œuvre par les régimes d’assurance médicaments de la Colombie-Britannique, de l’Alberta et du Nouveau-Brunswick, et des assureurs comme Green Shield Canada et Pacific Blue Cross ont également adopté les médicaments biosimilaires et encouragent la transition vers ces derniers. De nombreux pays d’Europe disposent également de telles politiques.

En résumé

Les patients et les cliniciens peuvent avoir confiance dans les médicaments biosimilaires. Ces derniers font l’objet d’un examen et d’une autorisation de vente de Santé Canada et sont aussi sécuritaires et efficaces que les médicaments biologiques de référence correspondants; leur valeur pour le système de soins de santé du Canada est donc potentiellement immense.

Effectuer la transition des patients traités par des médicaments biologiques de référence à de nouveaux médicaments biosimilaires est un choix responsable à faire pour les personnes devant gérer des budgets de médicaments. Cela permettra de s’assurer que les patients auront accès aux traitements essentiels dont ils ont besoin pour les années à venir.